samedi 15 septembre 2012

Poulet

À l'école numéro un
Le maître était sévère
Et tapait dans ses mains
Ou sur nos têtes émues et nues
Avec une règle en fer


Mon maître avait de larges oreilles
Et tirait les nôtres en grinçant des dents
Mon maître numéro un était fort méchant !
Il se moquait souvent du grand Poulet au fond de la classe
Poulet était si grand que ses pieds passaient par les trous de ses godasses
Poulet regardait le maître les doigts dans le nez
Si calmement que je l'admirais
Dans la cour nous jouions aux osselets
Si je perdais, il me laissait gagner


«  Tu savais déjà lire avant de venir à l'école  !  »
Me disait-il admiratif
«  Moi, je suis bête comme une casserole  »
Jamais plaintif,

J'avais appris à lire c'est vrai
En lisant Blanche-Neige
Sur les genoux de ma mère
En des temps calmes et heureux
Des temps de sortilèges
Des temps de rêves délicieux
De chansons et d'histoires
Des temps où la mémoire
Faisait collection
De toutes les observations

A l'école numéro un
Le goudron était dur
Et les genoux en feu
Nous étions vingt et deux
Que des gamins
Pas tout à fait malheureux

L'encre était violette
Et la blouse du maître
Grise comme ses lunettes
A l'école numéro un
Nous étions tous copains
Sous nos blouses battaient les cœurs vaillants
De nos amitiés folles d'enfants

Le soir, nous avions des cabanes
Des framboises dans le sentier
Des sarbacanes pour souffler
Sur la mauvaise journée
Et les livres toujours
Pour me consoler

A l'école numéro un,
Le maître n'était pas quelqu'un de bien
Les hommes des cavernes vivaient de chasse et de poisson
Ils étaient vêtus de peau de bêtes
Après  ? j'ai oublié la leçon,

Il ne reste plus un crayon
Mais je ne t'oublie pas Poulet
Tes grands pieds et ton amitié

A l'école numéro un,
J'ai appris la fraternité  !


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